L’étiquetage Nutritionnel « aurait été » choisi !

L’étiquetage Nutritionnel « aurait été » choisi !

 

« C’est voté » ! Non, ce n’est pas encore les résultats des élections présidentielles, mais il faut avouer que le débat concernant l’étiquetage nutritionnel des emballages alimentaires à fait également polémique ces derniers mois. Un système « pour y voir plus clair » a donc été choisi par la ministre de la santé, Marisol Touraine, en cette fin du mois de mars. Petit retour en arrière pour découvrir le grand gagnant.

 

« Les étiquettes, on n’y comprends rien ! ». Cette remarque, combien de fois l’avez-vous entendu ou vous-même prononcé lorsque vous avez tenté de lire les annotations des emballages alimentaires : entre les affirmations purement commerciales et les informations qui peuvent être utiles (comme les valeurs nutritionnelles par exemple, souvent écrites en « minuscules » au verso et incompréhensibles pour le commun des mortels), il est difficile de s’y retrouver.

 

Dans le cadre de la loi de modernisation du système de santé, et pour rendre plus clair la lecture de ces étiquettes, 4 systèmes d’étiquetage nutritionnel ont été testé en fin d’année dernière dans 60 grandes surfaces de la région Parisienne, des Hauts de France, de Normandie et d’Auvergne-Rhône-Alpes. Le but étant d’en sélectionner un seul, afin non seulement der permettre à la France de proposer un système d’étiquetage commun à l’ensemble de l’Europe, lors d’un débat qui doit se tenir à Bruxelles en fin d’année 2017, mais aussi d’inciter les Français à modérer leur consommation de produits riches en lipides et en sucres, afin de lutter contre la progression de l’obésité et des maladies cardiovasculaires.

 

Les 4 systèmes testés :

  • Le nutri-score :

Ce système à cinq couleurs mis en place par le chercheur de l’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale) Serge Hercberg, connu notamment pour la mise en place du programme National Nutrition Santé et ses « 5 fruits et légumes par jour ». Il répartit les produits en cinq catégories, de A jusqu’à E, un peu comme l’évaluation énergétique des appareils d’électroménager. Ces lettres « notent » donc de A (de couleur verte et caractérisant une bonne qualité nutritionnelle du produit, à savoir riche en fruits et légumes, en fibres…) à E (de couleur rouge-fuchsia, caractérisant une mauvaise qualité alimentaire du produit, sous entendu trop riche en calories, en graisses saturées, en sel, en sucres…). Ce système a toujours été soutenu par le ministère de la santé.

 

  • Le Score d’étiquetage nutritionnel simplifié (Sens) :

Ce système à quatre couleurs, proposé par la grande distribution et soutenu par la FCD (Fédération des entreprises du Commerce et de la Distribution). Il comporte une indication sur la fréquence de consommation recommandée, construit à partir d’une classification réalisée sur la base de la teneur du produit en nutriments majeurs (protéines, lipides, glucides…).

 

  • Le Nutri-Repère :

Ce système a pour ambition d’améliorer le dispositif déjà utilisé des repères nutritionnels journaliers (AJR) que l’on peut déjà lire sur certaines étiquettes de produits alimentaires. Il permet de visualiser la contribution en pourcentage et valeur d’une portion d’aliment aux apports nutritionnels de référence en énergie, matières grasses, acides gras saturés, sucres et sel. Il est proposé par de nombreux fabricants et possède le soutient de l’ANIA (Association National des Industries Alimentaires).

  • Le Nutri-couleur :

 

Déjà lancé au Royaume-Uni, sous le nom de « trafic light », ce système indique la contribution en pourcentage et en valeur d’une portion d’aliment en apports nutritionnels de référence (énergie, sucre, sel, matières grasses et acides gras saturés), associés à trois couleurs (vert, orange et rouge).

 

Déclaration et… choix de Mme Marisol Touraine ?

L’étude comparative de ces quatre systèmes d’étiquetage nutritionnel qui a durée les 4 derniers mois de l’année 2016 ont été remis à la ministre de la santé en début de cette année et elle a déclaré mi-mars : « les résultats démontrent l’intérêt des logos pour améliorer la qualité nutritionnelle du panier d’achat des consommateurs ainsi que l’efficacité du logo Nutri-score ».

Cependant, un mois juste avant cette déclaration, l’ANSES (agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail), sollicité par les pouvoirs publics, non pas pour se prononcer pas sur le test mené dans les 40 supermarchés, car les résultats n’ont pas encore été publiés, mais  afin d’évaluer la pertinence nutritionnelle et scientifique de ces systèmes expérimentés, avait re
ndu un avis assez pessimiste : « rien ne prouve, en l’état actuel des connaissances, que les nouveaux systèmes d’étiquetage nutritionnel prévus par la loi Santé seront efficaces pour faire diminuer en France les maladies chroniques comme l’obésité, le diabète, etc. ». L’agence n’excluant pas que la mise en place de tels systèmes d’informations nutritionnels puisse même conduire à des comportements de consommation aux effets contradictoires !

Enfin, l’ANSES estime que les étiquettes nutritionnelles ne sont lues que par 9 % des Français, qui achètent d’abord en fonction du prix et du marketing, surtout au sein des catégories socioculturelles les moins favorisées.

De même, aucun résultat de l’étude réalisée dans les supermarchés n’est encore dévoilé, ce qui conforte les défendeurs des autres systèmes à demander à la ministre de ne pas encore donné « victoire » au nutri-score , ce qui pourtant paraît déjà acté à entendre ses déclarations !

 

Quelque soit le système qui sera retenu, il faut noter que son application est facultative, comme l’impose la réglementation européenne. Elle reposera donc sur l’acceptation et le volontariat des entreprises de l’agroalimentaire et des distributeurs. Reste à savoir si ces derniers sont prêts à jouer la carte de la transparence !..

 

Les questions qui peuvent se poser si le système Nutri-score est choisi :

Pour autant, si l’idée est louable, la mise en pratique du système Nutri-score risque de soulever des interrogations. Nous pouvons en effet nous demander :

  • Comment, en pratique, ce score est-il calculé ?
  • Que deviennent les produits de nos terroirs (camembert et saucisson par exemple, qui sont tous deux salés, riches en gras saturés, pauvres en fibres et en fruits et légumes ?)
  • Le score obtenu, quel qu’il soit, sur un aliment isolé est-il fiable pour contrer les maladies chroniques ?
  • L’emploi massif d’additifs alimentaires douteux, les modes de culture ou d’élevages d’intensifs sont-ils pris en compte dans les calculs ?
  • Les produits allégés ne vont-ils pas être favorisés, alors que leur efficacité, leur prix, leur goût… sont souvent sujet à discussion ?

 

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Quel « score » ou « système » préférez-vous ?

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